Jardin & Potager

Quand planter les framboisiers : le guide complet pour réussir sa plantation

Par Louise · 26 avril 2026 · 23 min de lecture

Quand planter les framboisiers : le guide complet pour réussir sa plantation

Quand planter les framboisiers pour maximiser ses chances de récolte ? C’est souvent la première question qu’on se pose avant de se lancer — et elle est loin d’être anodine. Le framboisier est l’un de ces arbustes vivaces qui, bien installés au bon moment dans le potager, peuvent produire des fruits pendant dix ans ou plus sans grands efforts. Mal plantés, ils peinent à s’enraciner, souffrent à la moindre sécheresse et déçoivent dès la première saison. Contrairement à d’autres fruitiers, le framboisier est pourtant accessible aux débutants — à condition de respecter quelques règles simples, à commencer par le choix de la période de plantation. Planter en automne, en hiver ou au printemps ne donne pas les mêmes résultats, et tout dépend aussi du type de plant qu’on utilise : racines nues, pot ou plant en motte. Dans cet article, nous allons poser les choses clairement : un calendrier précis selon les régions et les saisons, les méthodes concrètes pour bien démarrer, les erreurs classiques à éviter, et les conditions de sol et d’exposition qui font vraiment la différence. L’objectif est simple : que vous repartiez avec une vision claire de ce qu’il faut faire, quand le faire, et pourquoi — pour que vos framboisiers s’installent durablement et produisent généreusement.

En bref :

  • La meilleure période pour planter les framboisiers est l’automne (octobre-novembre) pour les plants à racines nues, ou le printemps (mars-avril) pour les plants en conteneur.
  • Il existe deux grands types de framboisiers : les remontants (deux récoltes par an, été et automne) et les non remontants (une seule récolte estivale).
  • Le framboisier est un arbuste fruitier vivace capable de produire pendant 10 à 15 ans avec un entretien adapté.
  • L’emplacement idéal est ensoleillé à mi-ombragé, avec un sol frais, bien drainé et légèrement acide (pH 5,5 à 6,5).
  • La plantation en pot est possible mais nécessite un contenant d’au moins 40 litres et un arrosage régulier et soutenu.
  • Un paillage de 8 à 10 cm et un système de tuteurage sont indispensables dès la plantation pour limiter l’entretien et favoriser la fructification.

Quand planter les framboisiers : le calendrier selon la saison

Quand on se demande quand planter les framboisiers, la réponse dépend avant tout du type de plant qu’on a entre les mains — et de la région où l’on jardine. Ce n’est pas une question anodine : planter au mauvais moment, c’est souvent repartir avec un plant qui peine à s’installer, voire qui ne passe pas l’hiver. Voyons cela de manière concrète, saison par saison.

Plantation en automne : la période de référence

L’automne, entre octobre et novembre, est la fenêtre privilégiée pour planter les framboisiers à racines nues. À cette période, le sol est encore suffisamment chaud pour permettre un démarrage racinaire avant les premières gelées. La plante entre progressivement en dormance, ce qui réduit considérablement son stress. Elle consacre toute son énergie à l’enracinement plutôt qu’à la production de feuilles ou de fruits.

Dans les régions tempérées — plaines du nord, vallées de l’ouest, façade atlantique — c’est clairement la meilleure option pour ces arbustes fruitiers. Le sol humide de l’automne favorise la reprise, et les pluies naturelles limitent les besoins en arrosage. Ces vivaces robustes apprécient ce démarrage en douceur.

Il y a cependant des limites à respecter. Si le gel est imminent ou si le sol est déjà gelé, il vaut mieux reporter la plantation. Un plant à racines nues mis en terre dans un sol gelé ne peut pas développer ses racines et risque de périr. Dans les zones de montagne ou à hivers très rigoureux (nord-est, Massif Central, Alpes), l’automne peut présenter un risque réel de pertes si les températures chutent brutalement en décembre.

Plantation au printemps : une alternative pour les plants en conteneur

De mars à avril, une fois les dernières gelées écartées, il est possible de planter des framboisiers issus de conteneurs ou de pots. Ces plants, disponibles dans la plupart des jardineries, ont l’avantage d’être vendus avec leur motte intacte, ce qui facilite la reprise. Le sol commence à se réchauffer, la croissance repart rapidement, et on voit les résultats assez vite.

Cette période convient particulièrement aux régions à hivers rigoureux, où planter en automne exposerait les jeunes plants à des gelées sévères avant qu’ils aient eu le temps de s’enraciner. C’est aussi une bonne option pour les jardiniers qui découvrent ces plantes vivaces et préfèrent démarrer sur une période plus clémente.

Les inconvénients sont réels et ne doivent pas être sous-estimés. Un printemps sec impose un arrosage régulier et contraignant — parfois tous les deux jours — pour éviter le stress hydrique. La première récolte peut être décalée d’une saison par rapport à une plantation automnale. Et si le printemps est chaud et sec dès avril, les jeunes plants peuvent souffrir avant même d’être bien établis.

La plantation estivale est déconseillée dans tous les cas. Chaleur, sécheresse, sol dur : les conditions sont défavorables à l’enracinement de ces arbustes, qu’il s’agisse de plants à racines nues ou en conteneur.

PériodeType de plantAvantagesInconvénientsRégions concernées
Automne (oct.-nov.)Racines nuesSol chaud, enracinement avant l’hiver, arrosage naturelRisque de gel sévère, sol potentiellement geléPlaines, régions tempérées, façade atlantique
Printemps (mars-avril)Conteneur / potDisponibilité en jardinerie, sol réchauffé, reprise visibleArrosage contraignant, stress hydrique, récolte décaléeRégions à hivers rigoureux, montagne, nord-est
ÉtéChaleur, sécheresse, enracinement difficileDéconseillé partout

🌿 Astuce : Dans les régions à hivers doux (littoral méditerranéen, Bretagne, Pays Basque), la plantation automnale peut s’étendre jusqu’en décembre sans risque. Le sol reste travaillable et les températures ne descendent que rarement en dessous de 0 °C de manière prolongée. C’est même une fenêtre intéressante pour profiter des promotions de fin de saison en jardinerie.

Framboisier remontant ou non remontant : quand planter selon la variété ?

Le choix entre un framboisier remontant et un non remontant ne change pas fondamentalement la période de plantation — mais il change tout le reste : la stratégie de taille, le rythme de récolte, et même l’organisation du jardin. Voici ce qu’il faut savoir avant de se décider.

Les framboisiers non remontants : une seule récolte estivale

Les framboisiers non remontants produisent une seule fois par an, en juin-juillet, sur les cannes de l’année précédente (appelées « floricanes »). Une fois la récolte terminée, ces cannes sont supprimées au ras du sol. Les nouvelles pousses de l’année (« primocanes ») prendront le relais l’année suivante.

Ce cycle de production implique une taille précise après récolte, ce qui demande un minimum de méthode. En revanche, ces arbustes fruitiers sont souvent très productifs sur leur courte période, et leurs fruits ont généralement une belle tenue. Ils s’intègrent bien dans les jardins traditionnels où l’on préfère une récolte abondante concentrée sur quelques semaines.

La plantation en automne est particulièrement adaptée à ces variétés. En s’installant dès octobre-novembre, le plant développe ses racines pendant l’hiver et repart vigoureusement au printemps. Résultat : les premières cannes sont robustes et bien positionnées pour produire dès l’été suivant.

Les framboisiers remontants : deux récoltes par saison

Les framboisiers remontants ont un cycle différent : ils produisent deux fois par an. Une première récolte en été sur les cannes de l’année précédente, puis une seconde en automne (septembre-octobre) sur les cannes de l’année en cours. C’est ce qui les rend particulièrement intéressants pour étaler les récoltes.

Leur taille est plus simple : on peut choisir de tout couper ras en fin de saison (ce qui supprime la récolte d’été mais simplifie l’entretien) ou de ne supprimer que les cannes ayant fructifié. Pour les jardiniers débutants, la taille rase est souvent recommandée : moins de risque d’erreur, moins de travail.

Ces vivaces fruitières se prêtent bien à une plantation printanière (mars-avril). En s’installant au printemps, elles développent leurs cannes pendant l’été et peuvent donner une première récolte automnale dès la première année — ce qui est motivant pour qui commence.

VariétéTypePériode de récolteParticularitéDescription courte
Malling PromiseNon remontantJuin (précoce)Très hâtifFruits moyens, bonne saveur, idéal pour débuter la saison tôt
Glen AmpleNon remontantJuilletGros fruitsTrès productif, fruits fermes, sans épines — facilite la cueillette
Autumn BlissRemontantJuillet + sept.-oct.Très productifRéférence parmi les remontants, fruits abondants, bonne résistance aux maladies
PolkaRemontantAoût + oct.Fruits sucrésArôme prononcé, fruits larges, très apprécié pour la consommation fraîche
HeritageRemontantJuillet + sept.RustiqueRésiste bien au froid, s’adapte à de nombreuses régions, production régulière
TulameenNon remontantJuillet (tardif)Saveur fineFruits longs et parfumés, considéré comme l’une des meilleures variétés gustatives

💡 Conseil : Dans les régions à été court (nord de la France, altitude), les variétés non remontantes précoces comme Malling Promise ou Glen Ample sont à privilégier — elles produisent avant les chaleurs estivales et avant les premières gelées automnales. En régions méridionales, les remontants comme Polka ou Autumn Bliss expriment pleinement leur potentiel grâce à l’arrière-saison chaude.

Où et comment planter les framboisiers : emplacement, sol et étapes

Choisir le bon moment pour planter, c’est bien. Choisir le bon endroit et procéder correctement, c’est ce qui fait vraiment la différence sur le long terme. Un framboisier mal installé peut survivre des années sans jamais vraiment produire. Voici comment éviter ça.

Choisir le bon emplacement pour les framboisiers

Le framboisier apprécie une exposition en plein soleil à mi-ombre. Une ombre totale réduit significativement la production et favorise les maladies fongiques. Dans les régions très chaudes, une légère ombre en milieu de journée peut même être bénéfique pour éviter le dessèchement des fruits.

Le sol idéal est frais, bien drainé, légèrement acide avec un pH entre 5,5 et 6,5, et riche en matière organique. Un sol trop compact ou trop calcaire freine l’absorption du fer et provoque le jaunissement des feuilles (chlorose). Si votre sol est naturellement alcalin, une correction avec du soufre ou un apport de terreau de feuilles peut être envisagée avant la plantation.

Pour l’espacement, comptez 50 à 80 cm entre chaque plant sur le rang, et au moins 1,5 m entre les rangées. Orientez vos rangs nord-sud pour maximiser l’ensoleillement de chaque canne. Le long d’un mur, d’une clôture ou en haie fruitière, le framboisier trouve aussi un support naturel pour son palissage — un avantage pratique non négligeable.

Côté associations au potager, certaines plantes compagnes sont favorables : l’ail, la ciboulette et la tanaisie éloignent naturellement certains ravageurs. En revanche, évitez de planter des framboisiers à proximité des fraises ou des pommes de terre : ces plantes partagent des pathogènes communs (verticilliose notamment) qui peuvent s’installer durablement dans le sol. Méfiez-vous également des arbustes trop envahissants ou des plantes grimpantes vigoureuses qui pourraient concurrencer les racines superficielles du framboisier. Pour organiser l’ensemble de votre espace, notre guide des associations au potager peut vous aider à planifier les voisinages.

⚠️ Attention : Un sol trop calcaire (pH supérieur à 7) ou trop compact bloque l’assimilation des nutriments et étouffe les racines. Avant de planter, testez votre pH avec un kit disponible en jardinerie (moins de 10 €). Un sol argileux très dense peut être amélioré avec un apport de compost mûr et de sable grossier mélangés en profondeur.

Les étapes pour planter un framboisier en pleine terre

Voici la marche à suivre, dans l’ordre, pour une plantation réussie :

  1. Préparer le sol 2 à 3 semaines avant la plantation : bêchez sur 30 à 40 cm de profondeur, incorporez du compost mûr (3 à 5 kg/m²) et corrigez le pH si nécessaire.
  2. Creuser un trou de 30 à 40 cm de profondeur et de largeur — suffisamment large pour accueillir les racines sans les plier.
  3. Tremper les racines nues dans l’eau pendant 1 à 2 heures avant la plantation. Ce geste simple réhydrate les racines et améliore significativement la reprise.
  4. Positionner le plant correctement : le collet (jonction entre racines et tiges) doit être au niveau du sol, ni trop enterré ni trop en surface.
  5. Remblayer avec la terre amendée en tassant légèrement autour des racines pour éliminer les poches d’air.
  6. Arroser abondamment (5 à 10 litres par plant) pour favoriser le contact entre les racines et le sol.
  7. Installer le paillis immédiatement après l’arrosage, en laissant quelques centimètres libres autour du collet pour éviter la pourriture.

Pour la plantation en pot, les règles changent : le contenant doit faire au moins 40 litres, avec des trous de drainage efficaces. Utilisez un substrat mélangé (terreau universel + compost + un peu de sable). L’arrosage devra être beaucoup plus fréquent qu’en pleine terre — parfois quotidien en été — car le substrat sèche vite. Ces plantes en pot exigent aussi une fertilisation plus régulière, car les nutriments s’épuisent plus rapidement dans un volume de sol limité.

Paillage, tuteurage et entretien après la plantation des framboisiers

Planter un framboisier, c’est le début. Ce qui se passe dans les semaines et les mois qui suivent conditionne largement ce que vous récolterez — ou ne récolterez pas. Trois gestes sont vraiment structurants : le paillage, le tuteurage, et un entretien régulier mais raisonné.

Le paillage : un geste essentiel dès la plantation

Le paillage est l’un des gestes les plus rentables que l’on puisse faire au jardin. Pour les framboisiers, il est indispensable dès la mise en terre. Les matériaux les plus adaptés sont la paille, le BRF (Bois Raméal Fragmenté), les copeaux de bois ou les feuilles mortes. Étalez une couche de 8 à 10 cm d’épaisseur autour des plants, en veillant à laisser quelques centimètres libres autour du collet.

Les bénéfices sont concrets : le paillis conserve l’humidité du sol (jusqu’à 30 à 40 % d’économie d’eau en été), limite la pousse des adventices, et régule la température du sol en été comme en hiver. Ces plantes vivaces à racines superficielles apprécient particulièrement cette protection thermique.

Il y a cependant un point de vigilance : un paillis trop épais ou mal positionné peut favoriser les limaces, surtout en automne et au printemps. Surveillez régulièrement et, si nécessaire, réduisez légèrement l’épaisseur près des tiges. Renouvelez le paillis chaque année, de préférence au printemps.

Tuteurage et palissage : maintenir les cannes en place

Sans tuteurage, les cannes de framboisier — qui peuvent dépasser 1,5 m de hauteur — se couchent sous le vent ou le poids des fruits. Résultat : fruits abîmés au sol, cannes cassées, production réduite. Le palissage est donc une nécessité, pas un luxe.

Le système le plus efficace repose sur des piquets en bois ou en métal plantés tous les 2 à 3 mètres le long du rang, reliés par deux à trois fils de fer galvanisé tendus à 60 cm, 1 m et 1,2 à 1,5 m de hauteur. Les cannes sont attachées aux fils avec de la ficelle de jute ou des attaches souples — jamais de fil métallique qui blesserait les tiges.

Ce système permet aussi une meilleure aération entre les cannes, ce qui réduit le risque de maladies fongiques. Ces arbustes fruitiers bien palissés sont nettement plus faciles à entretenir et à récolter. Prévoyez ce matériel avant même de planter : installer les piquets après coup, quand les cannes sont déjà développées, est bien plus compliqué.

💡 Conseil arrosage : En période sèche, arrosez 2 à 3 fois par semaine en pleine terre, en privilégiant un arrosage au pied (goutte-à-goutte ou arrosoir) plutôt qu’un arrosage par aspersion qui favorise les maladies foliaires. En automne et au printemps, les pluies naturelles suffisent généralement. En pot, adaptez à la fréquence quotidienne si nécessaire.

Pour l’entretien courant, apportez du compost ou un engrais organique au printemps (mars-avril) pour soutenir la croissance des nouvelles cannes. La taille reste différente selon le type : suppression des cannes ayant fructifié pour les non remontants après récolte, taille rase ou sélective pour les remontants en fin de saison. Côté santé, les maladies les plus courantes sont le botrytis (pourriture grise, favorisée par l’humidité), l’anthracnose (taches sur les cannes) et les pucerons. Une bonne aération, un palissage soigné et l’évitement des excès d’azote constituent les meilleures mesures préventives.

Les erreurs à éviter lors de la plantation des framboisiers

On apprend souvent mieux par les erreurs des autres que par les siennes propres. Voici les faux pas les plus fréquents observés lors de la plantation des framboisiers — présentés sans jugement, juste pour vous permettre de les éviter.

  • Planter trop profond. C’est l’erreur numéro un. Lorsque le collet est enterré de plusieurs centimètres, l’humidité s’accumule à sa base et provoque la pourriture du collet. Le plant s’affaiblit progressivement, sans que la cause soit toujours évidente. Le collet doit être strictement au niveau du sol, pas en dessous.

  • Choisir un sol trop calcaire ou trop compact. Un pH supérieur à 7 bloque l’absorption du fer et du manganèse. Les feuilles jaunissent entre les nervures (chlorose ferrique), la croissance ralentit. Un sol argileux très dense étouffe les racines et favorise les pourritures racinaires. Ces arbustes ont besoin de respirer.

  • Négliger l’arrosage après la plantation. Surtout lors d’une plantation printanière. Un jeune plant en conteneur ou à racines nues n’a pas encore développé un réseau racinaire suffisant pour puiser l’eau en profondeur. Un printemps sec sans arrosage régulier peut être fatal en quelques semaines. Ce stress hydrique précoce laisse des séquelles durables sur la plante.

  • Planter trop près d’autres arbustes ou fruitiers. La concurrence racinaire affaiblit les jeunes framboisiers. Mais le risque sanitaire est tout aussi important : certaines maladies comme la verticilliose ou le feu bactérien circulent facilement entre espèces proches dans le potager. Respectez les distances recommandées et consultez notre calendrier de plantation pour coordonner vos mises en terre.

  • Oublier le tuteurage. Des cannes non palissées se couchent dès qu’elles atteignent 80 à 100 cm. Elles cassent, touchent le sol, et deviennent des vecteurs de maladies. La production est réduite, les fruits sont difficiles à récolter, et le désordre s’installe rapidement dans la rangée. Installer le système de palissage dès la plantation évite ce scénario.

  • Tailler au mauvais moment ou de manière incorrecte. Tailler un framboisier non remontant au printemps, c’est supprimer les cannes qui allaient produire — et perdre toute la récolte de l’été. Tailler un remontant sans distinguer les cannes de première et de deuxième année, c’est créer de la confusion et réduire le rendement. La taille doit être adaptée au type de framboisier et réalisée au bon moment.

  • Replanter des framboisiers au même emplacement sans rotation. C’est une erreur souvent sous-estimée. Le sol se charge progressivement en pathogènes spécifiques (nématodes, champignons du sol) qui s’attaquent aux racines des fruitiers de la même famille. La production décline, les plants dépérissent plus tôt que prévu.

⚠️ Attention — rotation obligatoire : Ne replantez jamais de framboisiers (ni de ronces, ni de fraises) au même endroit avant 4 à 5 ans minimum. Les agents pathogènes persistent dans le sol même après l’arrachage des anciennes plantes. Changez d’emplacement ou renouvelez intégralement le sol sur 40 cm de profondeur si vous n’avez pas d’autre option.

Connaître ces erreurs à l’avance, c’est se donner les meilleures chances de voir ses framboisiers s’installer durablement et produire pendant de nombreuses années. Le framboisier est une plante généreuse — à condition de lui offrir un départ solide.

Questions fréquentes sur la plantation des framboisiers

Peut-on planter des framboisiers en été ?

Planter des framboisiers en été est techniquement possible, mais c’est la période la moins recommandée. La chaleur et la sécheresse estivales soumettent les jeunes plants à un stress hydrique important, ce qui compromet sérieusement la reprise racinaire. Si vous n’avez pas d’autre choix, optez pour des plants en conteneur plutôt qu’en racines nues, arrosez abondamment et régulièrement, et paillez généreusement le pied pour conserver l’humidité du sol. Installez si possible une protection ombragée les premières semaines. Malgré ces précautions, les risques d’échec restent élevés. Mieux vaut patienter jusqu’à l’automne ou au printemps suivant pour maximiser vos chances de réussite.

Combien de temps faut-il attendre avant la première récolte après la plantation ?

Le délai avant la première récolte dépend directement du type de framboisier planté. Pour les variétés non remontantes, il faut généralement attendre la deuxième année après la plantation : les tiges produisent des fruits uniquement sur le bois de l’année précédente. Pour les variétés remontantes, une petite récolte est parfois possible dès la première année en fin d’été ou en automne, sur les tiges de l’année. Dans tous les cas, une plantation réussie à l’automne donnera des plants mieux établis et donc des récoltes plus précoces et plus abondantes qu’une plantation printanière. La patience reste de mise la première saison.

Quand planter les framboisiers en pot ou en conteneur ?

La culture en pot offre une flexibilité appréciable : les framboisiers en conteneur peuvent être plantés pratiquement toute l’année, à condition d’éviter les périodes de gel intense et les fortes chaleurs estivales. Les meilleures fenêtres restent néanmoins le printemps (mars-avril) et l’automne (octobre-novembre), comme pour la pleine terre. En pot, la gestion de l’arrosage est cruciale, car le substrat se dessèche bien plus vite. Choisissez un contenant d’au moins 40 à 50 litres, avec un bon drainage. Un terreau enrichi en compost et un arrosage régulier compenseront l’espace limité. Renouvelez le substrat tous les deux à trois ans pour maintenir la vigueur des plants.

Faut-il planter plusieurs framboisiers pour avoir des fruits ?

Non, le framboisier est une plante autofertile : un seul plant suffit théoriquement à produire des fruits, car ses fleurs se pollinisent elles-mêmes. Cependant, planter plusieurs pieds — idéalement trois à cinq minimum — présente des avantages concrets. La pollinisation croisée entre plants améliore souvent le calibre et la quantité des fruits. De plus, alterner des variétés à différentes périodes de maturité permet d’étaler la récolte sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Planter en rangée facilite aussi la mise en place d’un palissage efficace. En résumé, un seul plant peut produire, mais plusieurs plants produiront mieux, plus longtemps et de façon plus régulière.

Comment savoir si mon framboisier a bien repris après la plantation ?

Les premiers signes de reprise apparaissent généralement deux à six semaines après la plantation, selon la saison et les conditions climatiques. L’indicateur le plus fiable reste l’apparition de nouveaux bourgeons verts ou de jeunes pousses à la base du plant ou sur les tiges existantes. Sur une plantation automnale, la reprise se manifeste surtout au printemps suivant avec le réveil végétatif. Si les tiges restent souples et ne noircissent pas, c’est bon signe. À l’inverse, des tiges qui se dessèchent, brunissent ou se cassent facilement signalent un problème. Un léger arrachage à la main permet aussi de vérifier si les racines ont bien ancré le plant dans le sol.

Conclusion

Cultiver des framboisiers, c’est une aventure qui commence bien avant de voir apparaître le premier fruit rouge sur la tige. Tout se joue dès le départ, dans les choix que l’on fait : la période de plantation, la variété sélectionnée, la qualité du sol préparé, l’emplacement retenu. Ces éléments ne sont pas indépendants les uns des autres — ils forment un système, et c’est leur combinaison qui détermine réellement la réussite ou l’échec.

Les deux grandes fenêtres de plantation restent l’automne (octobre à novembre) et le printemps (mars à avril). L’automne est généralement privilégié pour les plants à racines nues, car il laisse le temps aux racines de s’installer avant les chaleurs. Le printemps convient mieux aux régions aux hivers rudes ou aux plants en conteneur. Aucune des deux périodes n’est universellement supérieure : tout dépend de votre contexte local, de votre sol et de vos conditions climatiques.

Le choix entre variété remontante et non remontante influence directement le calendrier de récolte et les pratiques de taille. Un sol bien drainé, légèrement acide, enrichi en matière organique, reste une base incontournable. L’exposition ensoleillée et la mise en place d’un palissage solide complètent les conditions favorables à une culture productive.

Savoir quand planter les framboisiers est donc une première réponse, nécessaire mais pas suffisante. Les soins post-plantation — arrosage, paillage, fertilisation raisonnée — jouent un rôle tout aussi déterminant sur le long terme.

Pour adapter ces conseils à votre région spécifique, n’hésitez pas à consulter une pépinière locale ou un jardinier expérimenté de votre secteur. Ils connaissent les particularités de votre terroir mieux que n’importe quel guide généraliste — et c’est souvent là que se trouvent les conseils les plus précieux.

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Louise Marchand

Louise Marchand

Fondatrice, Ferme des Maquis

Ancienne citadine reconvertie, Louise partage son quotidien entre potager, rénovation et nature au cœur de la garrigue provençale.

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